De quoi s'agit-il ?
Un élève plus avancé, le tuteur (souvent un « grand »), accompagne un élève moins avancé, le tutoré (souvent un « petit »), dans ses apprentissages, lors de séances régulières. Le tuteur guide sans faire à la place. On privilégie volontiers le français et la lecture, dans un registre tantôt scolaire, tantôt ludique, selon l'attente du petit.
Pourquoi c'est efficace
Le tutorat profite aux deux. Le tutoré gagne en confiance et bénéficie d'un modèle proche de lui. Le tuteur, lui, consolide ses propres savoirs en les transmettant, et développe empathie, patience et écoute. C'est l'un des rares dispositifs où un élève fragile devient expert : face à plus jeune que soi, tout le monde a quelque chose à transmettre. L'enseignant, de son côté, observe ses élèves dans un autre contexte et s'autorise à être surpris.
Mise en œuvre
- 1.Former les binômes grand / petit — par les enseignants de préférence, plutôt que par tirage au sort.
- 2.Laisser le tuteur préparer sa séance, après s'être renseigné sur le besoin du petit.
- 3.Vivre la séance : le tuteur guide, sans jamais faire à la place.
- 4.Débriefer : partager les réussites, ajuster pour la fois suivante.
Les règles à tenir
- ◆Ne jamais tenir le crayon.
- ◆Des séances régulières, ritualisées, et non au gré des occasions.
Les pièges à éviter
- ✕L'essoufflement de mars-avril : prévoir alors que les petits préparent quelque chose pour les grands, pour relancer la dynamique.
- ✕Laisser le tuteur faire à la place du tutoré, et vider l'apprentissage de son sens.
- ✕Négliger la préparation, qui est pourtant génératrice de savoirs pour le grand aussi.
Ancrage dans les deux principes
Le tutorat ne modifie pas les objectifs (principe 1) : il offre un chemin relationnel vers eux. Et le travail du tuteur, qui prépare en anticipant les obstacles, est lui-même une analyse de la matière (principe 2) menée du point de vue de l'élève.
« Tout le monde est expert face à plus jeune que soi. »